Les techniques de lutte contre les termites

Les barrières

Les techniques classiques, utilisées jusqu’à aujourd’hui, servent à repousser les termites en consistuant des barrières (chimiques, physiques, ou physico-chimiques) entre la colonie et l’habitation à protéger. Elles sont donc strictement défensives, dans la mesure où elles protègent le bâti en repoussant les termites sans éliminer la colonie.7

Comme en France, les colonies sont diffuses et vivent à différents endroits dans le sol, avec ses techniques, les termites sont chassés d’un endroit à un autre. Ainsi une habitation ou un ensemble d’habitations qui n’ont été traitées que partiellement, restent totalement vulnérables. Un traitement partiel est donc inefficace et contribue au phénomène d’expansion du fléau.

Les barrières chimiques

Elles sont réalisées par infiltration de produits chimiques dans les sols extérieurs ou
intérieurs et les murs. Ces infiltrations nécessitent le forage des sols et de tous les murs, et la réalisation de tranchés autour de la maison. Elles provoquent donc des dégâts, mais
aussi des nuisances (bruit, odeurs, poussières) qui imposent parfois le déménagement des personnes (risques sur la santé) et des biens.

Les produits chimiques utilisés, appelés termicides, ont beaucoup évolué ces dernières années. L’aldrine, matière active entrant dans la composition de nombreux produits, a été interdite et retirée du marché en 1992 en raison de sa rémanence. Les nouveaux produits à base de chlorpyriphos, d’endosulfan, de cyperméthrine ou de phypronil, semblent être plus sûrs, mais les risques d’impact sur l’homme et son environnement ne sont toujours pas nul. La majorité des produits restent donc classés nocifs ou toxiques. Pour exemple, en septembre 1997, une famille de Saint-Lyphard (Loire-Atlantique), a retrouvé au robinet des traces d’insecticides. Elles provenaient du traitement anti-termites qu’elle avait fait réaliser avant l’été. Explication : les canalisations en PVC ou polyéthylène sont perméables à certains solvant légers, et notamment à celui qui est utilisé dans le produit qui avait été injecté dans le sol de l’habitation.

Les barrières physiques

Elles sont réalisées avec des moyens physiques, et non pas chimiques. Les termites sont tuées par les blessures causées par les effets mécaniques des barrières. Ces techniques sont réservées aux constructions neuves car les barrières doivent être placées autour et sous les fondations de la construction.

Une des techniques consiste à réaliser la barrière avec des couches de particules granitiques. Comme le diamètre de ces particules est compris entre 1,7 et 2,4 mm, les termites ne peuvent pas pénétrer les couches de particules sans se blesser. Les particules sont également suffisamment grosses et dures pour ne pas être utilisées par les termites pour construire leur galerie. Cette technique est commercialisée en Australie sous le nom de « Granitgard ».

Une autre technique, utilise un grillage très fin en acier inoxydable. Les mailles du
grillage sont de 0,66 par 0,45 mm, et évidemment l’acier utilisé résiste à la corrosion. Le grillage peut aussi être utilisé pour protéger les câbles et les gaines électriques. Cette technique est également commercialisée en Australie sous le nom « Termimesh ».

Les barrières physico-chimiques

Ces techniques isolent également l’habitation de la colonie de termites par un moyen physique. Mais les termites sont tuées par un effet chimique après contact avec les barrières. Pour les même raisons que pour les barrières physiques, ces techniques sont bien entendu elles aussi réservées aux constructions neuves.

Une des techniques utilise un film de polyéthylène d’une épaisseur de 150 microns qui
contient 1% de perméthrine fixée par greffage. Il est lui aussi placé sous les fondations de la maison, et outre la faculté d’empêcher les remontées de termites, ils évitent également les remontées d’humidité par capillarité et remplace donc le film d’étanchéité habituel. Aux endroits où le film est troué pour faire passer une canalisation, des
« Termigranuls » doivent être mélangés à raison de 10% avec le matériau de remblai. Pour cette raison, la pose de ce film nécessité beaucoup d’attention, car le moindre trou
oublié rendrait la barrière perméable au passage des termites. Cette technique est commercialisée en France sous le nom « Termifilm ».

Les piégeages

Ces techniques, développées surtout en Australie, utilise le principe suivant :

  • piégeage d’une grande quantité de termites à l’aide d’un substrat cellulosique;

  • poudrage de ces termites avec un insecticide ayant une toxicité de contact importante et une action lente;

  • remise en liberté des termites à l’endroit de piégeage, afin qu’elles retournent
    dans les galeries de la colonie et contaminent leurs congénères par échanges de nourritures.

Ces techniques ont pour inconvénient un possible dérangement du comportement des
termites capturés qui peut nuire à l’efficacité du traitement.

Les appâts

Les techniques d’élimination par appâts utilisent aussi des substrats cellulosiques. Ces
substrats appâtent les termites ouvriers de la colonie qui ingèrent des insecticides en les consommant.

Les appâts utilisés sont généralement : copeaux de bois, feuilles de papier, carton
ondulé ou débris végétaux. Leur attractivité sur les termites a un rôle important dans l’efficacité du traitement. Ils sont placés sur les lieux de passages des termites : cordonnets et galeries, et sont contrôlés pour vérifier la connexion à la colonie prouvée par les premières traces de consommation. Ils sont remplacés tant qu’il y a consommation, jusqu’à disparition complète de l’activité des termites. Tant qu’il n’y a pas eu connexion, il n’est pas nécessaire de placer des appâts intégrant les insecticides.

Les insecticides utilisés sont :

  • des insecticides d’ingestion qui sont propagés au reste de la colonie par trophallaxie (échange de nourriture);
  • des régulateurs de croissance, tels que des inhibiteurs ou des analogues d’hormone juvénile, qui tuent les termites ouvriers en empêchant leur mue, et provoquent la famine du reste de la colonie qui n’est plus nourrie.

Ces techniques ont l’intérêt d’utiliser de faibles doses d’insecticides respectant l’homme et son environnement.

La recherche

Les recherches en matière de lutte contre les termites s’orientent vers des techniques
biologiques. Parmi les thèmes de recherche, on trouve :

  • les nétamodes, qui sont des vers pénétrant dans le corps des termites pour se nourrir de leurs organes;
  • des fourmis prédatrices des termites;
  • des champignons, tels que le Metarhizium anispolae, qui tuent les termites par production de toxines (leurs spores se fixent sur le corps du termite et produisent des filaments qui s’infiltrent sous sa cuticule).

Pour que ces recherches aboutissent, il faudra prouver l’intérêt industriel de ces techniques : efficacité et respect de l’environnement devront être démontrés.