Le charançon rouge du palmier (Rhynchophorus ferrugineus)

Rhynchophorus ferrugineus, connu comme le charançon rouge des palmiers, est un coléoptère appartenant à la Famille des Curculionidae et à la sous-famille des Rhynchophorinae.

Description

Un charaçon rouge adulte

Un charaçon rouge adulte

L’adulte (imago) mesure en moyenne 35mm de long et 12mm de large. Il est brun-rouge avec un long rostre incurvé. La tête et le rostre représentent 1/3 de la longueur. Le rostre est brun-noir ventralement et brun-rouge dorsalement. Chez les mâles, le rostre présente sur une partie de sa face supérieure un feutrage brun. Le rostre des femelles est glabre, plus fin, plus incurvé et légèrement plus long. Les yeux, noirs, se situent de part et d’autre de la base du rostre. Le pronotum est brun-rouge avec quelques points noirs de tailles et formes variables. Les élytres sont rouges sombres, fortement nervurées longitudinalement et ne recouvrent pas complètement l’abdomen. Les ailes sont brunes et les adultes sont capables de voler sur de longues distances.

Une larve de charançon

Une larve de charançon

Les larves sont de couleur brune-jaune, apodes et ont une partie céphalique brune foncée. Elles mesurent environ 50 mm de long et 20 mm de large. Les mandibules sont fortement développées et chitinisées :

Un œuf de charançon

Un œuf de charançon

Les œufs sont blancs crèmes et ovales. Ils mesurent environ 3 mm de long et 1 mm de large.

 

 

Les différents stades de développement du charançon

Les différents stades de développement du charançon

La totalité du cycle de développement de ce ravageur (environ 4 mois) se passe dans les palmes ou le tronc. Les femelles pondent 200 à 300 œufs à la base des jeunes palmes ou dans des blessures sur les palmes et les troncs. Les œufs éclosent 2 à 5 jours après. Les larves se nourrissent des tissus vasculaires en forant l’intérieur des palmes et du stipe. Le stade larvaire dure 1 à 3 mois. Les larves se nymphosent dans des cocons constitués de fibres végétales. Les adultes émergent au bout de 14 à 21 jours.

Origine et expansion

Probablement originaire de l’Inde méridionale, c’est une espèce typiquement diffuse en Asie du sud orientale, il est connu pour les dommages considérables apportés aux plantations de cocotiers (Wattanapongsiri, dans les Philippines, en 1966). Dans les années 1980, il a été signalé, en Arabie saoudite, dans les Émirats arabes unis et dans le sultanat d’Oman. Sa diffusion au Moyen-Orient s’est produite rapidement et, à partir de 1990, il a été signalée en Iran, en Égypte, Jordanie, Israël et dans les territoires palestiniens. Le passage en Europe s »est effectué via l’Égypte.

Sa première signalisation en Europe a eu lieu en Italie. Il s’est ensuite répandu au sud de l’Espagne en 1994 à cause du commerce de palmiers ornementaux entre les deux pays, puis à la France. Les consignes phytosanitaires de quarantaines n’ont en effet pas toujours été respectées, profit oblige. Chaque palmier prévu pour l’exportation doit en effet être mis en quarantaine un an chez le fournisseur, puis un an chez les revendeurs. Son expansion en France suscite des inquiétudes dès 2006 :

Toutes les communes littorales ainsi que les professionnels de la filière sont mobilisés dans la lutte contre cette invasion (Source LE PALMIER N° 49, décembre 2006).

Une nouvelle infestation, probablement originaire de France, a été repérée l’année suivante à Bordighera, ville italienne située près de la frontière française, au bord de la Méditerranée. Elle révéla la nécessité d’avoir une démarche globale et coordonnée, mise en oeuvre par des professionnels, pour éradiquer ce fléau  :

Cette prolifération suscite des inquiétudes et nécessite la mise en œuvre de procédures radicales pour éviter l’infestation des quelques 50.000 palmiers recensés entre une partie du Var et des Alpes maritimes (Source Nice Matin du 9 novembre 2007).

Les palmiers concernés

Le palmier coco est l’espèce sur laquelle il cause les dommages économiques les plus importants.

Mais de nombreux Arecaceae peuvent être attaqués. Entre autres :

Un palmier coco

Un palmier coco

Areca catechu, Arenga pinnata, Borassus flabellifer, Brahea armata, Butia capitata, Calamus merillii, Caryota maxima, Caryota cumingii, Chamaerops humilis, Cocos nucifera, Corypha gebanga, Corypha elata, Elaeis guineensis, Livistona australis, Livistona decipiens, Metroxylon sagu, Oreodoxa regia, Phoenix canariensis, Phoenix dactylifera, Phoenix theophrasti, Phoenix sylvestris, Sabal umbraculifera, Trachycarpus fortunei et Washingtonia spp.

Les symptômes

Un palmier coco malade

Un palmier coco malade

Les arbres fortement attaqués perdent la totalité de leurs palmes et le pourrissement des troncs aboutit à leur mort. Malheureusement, les premiers symptômes n’apparaissent que bien après le début de l’infestation.

Les moyens de lutte

La détection

La mise en place d’un système de piégeage et son contrôle rigoureux permet de détecter la présence du charançon.

Dès cette détection il faut agir rapidement dans le secteur infesté et coordonner les traitements dans les secteurs avoisinant.

L’observation régulière du feuillage permet de détecter les premières attaques. Pour cette raison, la réalisation de fenêtre par des professionnels dans le feuillage est parfois nécessaire. Il est très important de sensibiliser le voisinage lorsque l’on découvre la présence de ce coléoptère.

Les traitements préventifs

traitcharencon

A ce jour, les traitements préventifs sont chimiques. Ils sont réalisés par pulvérisation au cœur du palmier d’une bouillie insecticide et fongicide. Ces traitements ne dispensent pas d’une observation régulière et rigoureuse.

Les traitements curatifs

La lutte curative se fait par une méthode d’assainissement bien particulière. Elle consiste à effeuiller sévèrement les sujets contaminés pour éliminer un maximum de larves et ainsi éviter la multiplication des individus. Cette effeuillage permet également un meilleur contrôle visuel.

Si un sujet est trop fortement atteint, il est malheureusement préférable de l’abattre.

L’assainissement, réalisé à temps, est la méthode avec laquelle on sauvegarde le plus de palmiers. Mais un palmier assaini peut évidemment être ré-infesté par des charançons provenant de palmiers voisins infestés, non contrôlés et non traités.

Suivi et traitements de prévention restent indispensables !