Le fléau termites en France, dans le Var (83) et dans le 06

Les termites amis des forêts mais ennemis des maisons !

Les forêts sont le milieu naturel des termites. En France ils peuplent celles des zones tempérées : les Charentes, le Sud-Ouest, le Roussillon, la côte d’Azur. Depuis des siècles, les termites contribuent à leur équilibre écologique. Ils se nourrissent en effet des bois morts et nettoient ainsi efficacement les forêts des vieilles souches, des branches cassées. Dans ces milieux naturels les termites ne s’attaquent pas aux arbres sains, car ceux-ci sécrètent des toxines qui les protègent.

Tout irait bien si ces insectes ne s’étaient pas un jour aventurés hors de leur habitat forestier naturel pour aller envahir des constructions, et en grignoter les parties en bois (charpentes, boiseries, huisseries, etc.). Les dégâts causés depuis quelques dizaines d’années par les termites, non seulement dans des bâtiments en milieu rural, mais aussi dans des habitations en zone urbaine, sont considérables.

Nature des dégâts causés par les termites

Contrairement à une idée reçue, les termites ne se nourrissent pas que de bois, mais de toute matière cellulosique. Ils sont donc des ravageurs potentiels des meubles, des huisseries, des plinthes, des charpentes et des doubles cloisons en bois, mais aussi des livres et des cartons (ils raffolent donc des archives). Logique, mais plus surprenant, ils peuvent aussi s’attaquer à des objets en plastique cellulosique (bioplastiques) :

dégât attaque termites cellulose

Attaques des objets en cellulose

Les bois attaqués par les termites ne présentent pas de symptômes visibles de l’extérieur. Lorsqu’un termite transperce leurs enveloppes (partie superficielle du bois, papier peint ou peinture), il s’empresse en effet de reboucher cette orifice avec un mélange de salive et de déjections. Il n’y a donc aucun rejet de sciure qui pourrait signaler sa présence. Il ne reste qu’une petite tâche brune de la taille d’une tête d’épingle. Lorsque que l’on s’aperçoit des dégâts, il est souvent trop tard !

dégât bois attaqué rongé termites

Constat des dégâts causés sur les bois

A l’intérieur, les termites consomment le bois en lamelles, dans le sens des fibres :

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L’intérieur des bois rongés par les termites

Leur quête perpétuelle de nourriture peut amener les termites à dégrader d’autres matériaux tels que le plâtre, les isolants comme le polystyrène, et les gaines plastiques des réseaux techniques, qu’ils transpercent afin de continuer leurs recherches.

Quand leurs recherches de nourriture sont infructueuses ils sont contraints de se déplacer à l’air libre pour changer de lieu de prospection. Comme ils détestent la lumière, ils construisent alors des tunnels pour s’en protéger, ou plus étrange, des sortes de « stalagmites » pour se déplacer verticalement ! Ces constructions sont appelées des cordonnets :

cordonnet termites

Un cordonnet créé par des termites

L’ampleur du fléau termites

Dans les années 1950, les infestations de termites étaient limitées aux seules régions côtières du sud-ouest et au bassin méditerranéen. Mais en 25 ans, les infestations se sont progressivement propagées vers le centre et le nord de la France.

On recense, à l’heure actuelle, 54 départements infestés par les termites en métropole. Les principales régions concernées sont :

  • le Sud-ouest ;
  • les départements des côtes atlantiques et méditerranéennes ;
  • les départements bordant les vallées du Rhône, de la Garonne et de la Loire ;
  • l’Ile-de-France

Ce recensement a été réalisé en 2015 par le FCBA, l’Institut Technologique Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement. Celui-ci publie régulièrement une carte départementale des infestations et une carte départementale des arrêtés préfectoraux.

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La carte de départementale des infestations de termites – édition 2015 – FCBA

A l’extension du fléau, il y a plusieurs explications :

  • l’utilisation de bois à la fibre peu résistante, comme le pin,
  • le meilleur chauffage des maisons,
  • le transport des matériaux de construction et de gravats d’une région à une autre,
  • la capacité de « bouturage » des termites (quelques individus suffisent à créer une nouvelle colonie).

Dans le Var, la situation est préoccupante, en témoigne cette carte des communes infestées, publiée sur le site web de la préfecture en 2013 (Le Var et les termites), il y a donc 5 ans déjà … :

carte infestation termites var 83 arrêtés communaux

La carte des communes infestées et des arrêtés communaux dans le Var

Associations, gouvernement et professionnels ont réagi face à la menace termites

Face à l’ampleur du fléau termites, une association regroupant une trentaine de villes s’est constituée au début des années 1990. Il s’agit de l’association des villes pour la lutte contre les insectes xylophages et les termites en particulier. En 1992 elle a proposé au Sénat un projet de loi pour lutter les termites.

Grâce à cette  initiative et au soutien du législateur qui a qualifié le phénomène d’invasion de grande ampleur, le 26 Mai 1999 l’Assemblée Nationale a adopté la loi 99-471 du 8 Juin 1999 tendant à protéger les acquéreurs et propriétaires des immeubles contre les termites et autres insectes xylophages. Elle est parue au Journal Officiel numéro 132 le 9 Juin 1999, à la page 8438.

Les principales dispositions de cette loi sont :

  • séparation des fonctions d’expertise et de traitement ;
  • protection des acquéreurs immobiliers, par l’information ;
  • cartographie du problème ;
  • pouvoir d’intervention des maires ;
  • mesures fiscales pour les travaux de traitement.

Les collectivités locales, ont pris conscience de la progression du phénomène et du manque d’informations des particuliers, et ont réagi. Dans le Sud-Ouest, la Vendée, les Charentes ou l’Ile de France, de nombreuses communes ont pris des arrêtés municipaux pour informer la population et favoriser la prévention. Des arrêtés préfectoraux ont aussi été pris par certains départements, dont le Var qui a publié un arrêté délimitant les zones contaminées par les termites en 2001 (Arrêté préfectorale du 26 octobre 2001 et arrêté complémentaire de 2002). Certaines de ses communes, comme Sainte Maxime, ont publié des arrêtés réglementant la lutte contre les termites.

De leur côté, les professionnels ont peu à peu réalisé l’insuffisance des moyens de lutte mis en oeuvre et se sont progressivement tournés vers de nouveaux procédés de traitement, plus efficaces, et respectant aussi les exigences en matière de protection de l’environnement.